Rendre visite aux éléphants, oui, mais attention
S'approcher des éléphants d'Asie, les nourrir, les laver, en bref interagir avec eux est une activité touristique prisée des voyageurs en visite au Laos.
S'approcher des éléphants d'Asie, les nourrir, les laver, en bref interagir avec eux est une activité touristique prisée des voyageurs en visite au Laos. Il est toutefois important de garder à l'esprit que certaines pratiques causent des souffrances chez cette espèce autrefois manipulée à outrance par les classes aisées et toujours très prisée des braconniers. Elle est aujourd'hui classée "en danger" par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).
Beaucoup de témoignages attestent que le comportement des touristes vis-à-vis des éléphants d'Asie doit changer radicalement. Se responsabiliser. Prendre conscience. Un secret de polichinelle : les balades des visiteurs tronés sur leur dos sont à éviter. Strictement. Les pachidermes n'ont pas l'air maltraités extérieurement, mais le dressage qu'ils subissent pour accepter une présence humaine sur leur colone vertébrale peut s'apparenter à de la torture. Le mot est fort, mais diaboliquement juste. Toutes ces formes de dressage servent un seul et unique objectif : gagner de l'argent. Sous les aspects du travail, de la mendicité, ou bien évidemment du tourisme. Prenons un exemple de ces pratiques, non-exhaustif mais bien répandu en Asie du Sud-Est et qui soutient cette vérité. Le "phajaan". Le but est de soumettre l'éléphant au plus haut point. Le placer sous contrôle, lui faire perdre ses réflexes et son instinct pour qu'il devienne des plus dociles face à l'Homme.
Torture à l'état brut
Le très sérieux site d'investigation scientifique Maxisciences, associé aux témoignages des influenceurs Seth et Lise, atteste de cette réalité : « D'un point de vue pratique, c'est uniquement en utilisant la violence que les dresseurs y parviennent. Le phajaan dure entre 4 et 6 jours et est réalisé sur de jeunes éléphants. Les animaux sont séparés de leur mère et enfermés dans des cages étroites où ils sont enchaînés. Ils sont alors frappés de manière répétitive à des endroits stratégiques, les plus sensibles. En plus d'être battus, les éléphants sont gardés éveillés, privés de nourriture et d'eau sous les yeux des dresseurs ("mahout") qui récitent des prières pouvant se traduire par "éléphant, si tu arrêtes de te débattre, nous ne te blesserons plus". » À partir de ce moment-là l'animal ne répond plus de rien. Il s'exécute, et suit les ordres de son despote, l'Homme.
À noter que tous ne survivent pas à ces tortures. Les scientifiques de Maxisciences estiment que la moitié des jeunes pachydermes périssent durant celles-ci et que quelques uns deviennent agressifs, inutilisables pour les mahouts. Pas rentables. La plupart seraient donc liquidés. Emmenant parfois dans la tombe leur bourreau. Plus de 100 dresseurs d'Asie du Sud-Est sont tués par leur supplicié chaque année.
Une fois la profondeur d'esprit de l'éléphant réduite à néant, le mahout lui apprend des techniques et gestes qui serviront à amuser la galerie lors de ces balades pernicieuses, jugées des plus charmantes par les touristes, au sein de l'écosystème sud-est asiatique. Pour qu'il se tienne à carreau tout le restant de sa vie, « on leur prodigue quelques piqûres de rappel en les frappant ou en appuyant à nouveau sur les points sensibles », poursuivent-ils. L'animal est maintenant fin prêt à accueillir les touristes et recevoir leurs tendres caresses, immortalisées de photos Instragram témoignant de leur bienveillance.
Des alternatives pour les voyageurs
Mais alors que faire si l'envie vous prend de vous approcher des éléphants de façon plus naturelle qu'au zoo ? Au Laos, des organisations promettent de fabuleux instants avec les pachydermes. À côté, pas dessus. À Luang Prabang par exemple, une ville très touristique du nord du royaume, l'association MandaLao promeut ses "Non-riding elephant tour experience". Le but est de ne pas imposer à l'animal des interactions qui ne sont pas naturelles comme jouer au football, peindre avec la trompe, tirer des troncs d'arbres, ou servir de diligence. Seth et Lise estiment que « c’est en grande partie à cause des touristes que ce business fonctionne, il revient donc aux touristes de prendre les bonnes décisions. L’avenir, le bien-être et surtout la survie de milliers d’éléphants sont en jeu. » C'est une notion économique primaire. Si la demande baisse fortement, l'offre sera réduite. Le tout est d'informer sur ces pratiques pour qu'il y ait une prise de conscience collective.
Questions fréquentes
Non, la balade à dos d'éléphant n'est pas considérée comme éthique, même si l'animal ne semble pas maltraité en surface. Le dressage nécessaire pour qu'un éléphant accepte un humain sur son dos implique souvent des méthodes violentes comme le phajaan. Il est fortement recommandé de privilégier les 'non-riding experiences' proposées par des associations comme MandaLao à Luang Prabang.
Le phajaan est une pratique de dressage traditionnelle utilisée en Asie du Sud-Est pour soumettre les jeunes éléphants à l'autorité humaine. Ce processus dure entre 4 et 6 jours et implique l'isolement, la privation de nourriture et d'eau, ainsi que des coups répétés sur les zones sensibles de l'animal. Il est largement condamné par les défenseurs du bien-être animal car il cause des traumatismes physiques et psychologiques durables.
Un sanctuaire éthique ne propose pas de balades à dos d'éléphant, ni de spectacles (peinture, football). Les éléphants y évoluent dans un espace naturel, sans chaînes permanentes, avec des soins vétérinaires réguliers. Les interactions proposées sont naturelles : observer les éléphants se baigner, les nourrir à distance raisonnable. MandaLao à Luang Prabang est un exemple reconnu de ce type d'expérience au Laos.
L'éléphant d'Asie est classé 'en danger' (Endangered) sur la Liste rouge de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Sa population continue de décliner en raison de la perte d'habitat, du braconnage pour l'ivoire et des captures pour le tourisme. Le tourisme responsable est l'un des leviers pour réduire la pression sur cette espèce.
À Luang Prabang, l'association MandaLao propose des 'Non-riding elephant tour experience' permettant d'observer et d'interagir avec les éléphants sans les contraindre à des activités non naturelles. Ces circuits éthiques vous permettent d'approcher les pachydermes dans leur milieu, de les accompagner lors de leur bain et de mieux comprendre leur comportement naturel.


